Il y avait la Mer

CHÉPÉLOV Pierre
Chœur à Voix Mixtes
ISMN 979-0-56025-658-0
8’
chœur
Artchipel

30

Avr

2022

26

Sep

2023

8,00 
12,00 

Beaucoup a été dit du poète Xavier Grall, l’« albatros breton1 » au destin rimbaldien. Mais
Ne me parlez pas de moi
Sur ma tête mettez une pierre
D’argile blanche
Et parlez-moi de la terre2.
Peu avant sa mort survenue en décembre 1981, Grall s’attelle à Genèse :
J’ai commencé un très long poème, Genèse, célébration lyrique et torrentielle de la
planète Terre (Fleuves, Mers, Plaines, Îles, Villes, etc.) [ … ] Je suis crevé, inquiet, et si
étonné de donner à Genèse une allégresse qui me quitte ! Mystère de la création3.
De ce vaste projet, seuls deux chants achevés – et un inachevé – ont pu être publiés4.
Ici mis en musique, le Deuxième chant, consacré aux Mers, est fait de cinq parties qui, après le
vers liminaire
Il y avait la Terre
brossent une vaste fresque maritime, dont les blocs thématiques (que l’on peut résumer ainsi :
I – les océans, Ouessant et Ys ; II – les oiseaux de mer, le monde polaire ; III – les animaux marins, la pêche ; IV – les bateaux bretons, les cimetières marins ; V – les bateaux, les voiles, les tempêtes) sont mêlés et articulés souplement, par fondus enchaînés, assonances et allitérations ; la fin de chaque partie ramenant à la souffrance humaine, en une clausule pathétique :
Et il y avait ma peine
Dans mon lit de misère
Pour le musicien, c’est d’abord le flot rythmique du poète qu’il s’agit d’accompagner, en canalisant l’anaphore « Il y avait », telle au flux océanique aux vagues sans cesse renouvelées, aux énergies surprenantes. Ce sont aussi les multiples couleurs de la mer, à transcrire avec les pinceaux harmoniques. Enfin, ce sont les résonances musicales que le texte lui-même éveille çà et là, appelant des bribes mélodiques évoquant tour à tour de vieilles chansons bretonnes
ou Ravel.
De l’effectif du chœur à cinq voix – cher aux madrigalistes – s’échappent parfois diverses voix
solistes.
Au dernier mouvement, c’est l’effectif complet qui se divise en 3 – ou en 2 –, la mer étant comme une hydre aux voix multiples. On pourra choisir de grouper les 3 (ou 2) chœurs pour spatialiser la polychoralité, ou garder une disposition traditionnelle du chœur pour mettre en valeur les contrastes au sein de chaque pupitre. On aura soin, quelque soit sa disposition rythmique et métrique, de ne pas faire de faux accent dans l’incipit « Il y avait », et de toujours le considérer en anacrouse de son objet.
Pierre Chépélov

Description

Information additionnelle

Poids0,400 kg
Dimensions21 × 29,7 × 1,6 cm
Support

PDF, Papier