Twin Conapts

DUMONT Aurélien
Ensembles Instrumentaux
979-0-56025-959-8
19'
PO
Artchipel

09

Fév

2025

22

Fév

2026

Radio France
à la mémoire de Philip K. Dick et à l'ensemble Linea

27,00 
45,00 

Autre version

ISMN : 979-056025-960-4

Type : matériel

En location

En tant que compositeurs ou compositrices, il me semble que nous partageons des finalités communes avec les auteurs ou les autrices de Science Fiction. En particulier dans notre propension à créer des mondes, à notre possibilité de tendre vers une dimension philosophique et aussi à laisser un témoignage dans l’imaginaire sur le monde dans lequel nous vivons.
Cette influence s’exprime par exemple dans le lien que je cultive avec l’œuvre d’Antoine Volodine depuis près de 15 ans, que ce soit de manière structurelle, avec une transposition des formes littéraires issues du Post-exotisme, ou plus directement par l’adaptation en théâtre musical de ses œuvres: Black village (2019), à partir du roman de son hétéronyme Lutz Bassmann, ou encore La nuit des mis bémols (en cours), à partir du roman jeunesse signé Manuella Draeger.
C’est aussi à la relecture du Meilleur des mondes d’Aldous Huxley, que je décidai d’écrire, en 2023, The Steel Point Rasps & Rasps the Silence, pour septuor et électronique, œuvre qui met en tension la dystopie du roman avec des éléments biographiques de son auteur, notamment sa relation avec Stravinsky. Twin Conapts pourrait ainsi être considérée comme la deuxième pièce d’un cycle débuté par cette pièce-hommage. C’est ici la figure de Philip K. Dick qui est conviée, lui qui partageait avec son aîné un amour profond de la musique.
L’univers de K. Dick est d’une grande richesse et d’une infinie complexité. Le terme de Conapt, apocope de « condominium appartement» est introduit dans son roman Ubik (1966). Il s’agit d’une sorte d’habitation surconnectée qui, dans une scène absolument mémorable, refusera d’ouvrir à son locataire car il n’avait pas payé son café. C’est cet espace que j’ai choisi de représenter métaphoriquement dans la pièce, un espace où d’autres éléments dickiens entrent en jeu : son amour pour John Dowland – comment ne pas citer Flow my Tears the Policeman Said (1970) – mais aussi les influences que son œuvre laissera chez des musiciens tels que Schulze, Zappa, Eno, Sonic Youth ou encore Radiohead.
«La réalité, c’est ce qui refuse de disparaître quand on cesse d’y croire », nous dit l’écrivain, bien après qu’une expérience mystique, possiblement sous LSD, l’aurait convaincue que l’humanité vivait dans une hallucination carcérale collective depuis l’empire romain. Aussi, ce rapport à une réalité qui nous échappe est au centre de Twin Conapts, particulièrement dans la volonté de créer des textures sonores qui brouillent l’origine des sources émettrices, à la manière d’une Klangfarbenmelodie dépravée. J’ai également tenté de composer de manière sensible les distorsions temporelles tourmentées propres à l’univers de K. Dick, en symbolisant musicalement certains paradoxes temporels et en travaillant à la dilatation et à la compression extrême de certains objets musicaux.
Afin de porter ces expérimentations, un effectif instrumental peu commun a été privilégié, en utilisant les ressources possibles de l’ensemble Linea. Une majorité de musicien·ne·s utilise ainsi plusieurs instruments permettant des combinaisons de timbre inattendues: les flûtes de la renaissance côtoient la flûte contrebasse, le théorbe la guitare électrique, le clavecin le synthétiseur (par modèle « génétique » et façonné par Intelligence Artificielle), la saqueboute le trombone, le cor naturel le cor en fa, les percussions du moyen-âge la batterie, sans oublier l’utilisation du majestueux contrebasson baroque.
Plusieurs espaces compositionnels tissent une forme labyrinthique ayant pour but de perdre les repères contextuels et esthétiques des différents matériaux mis en jeu. Parmi ceux-ci, citons des Broken consorts, en référence à la musique de la renaissance, des Rock connections, représentant les influences dickiennes sur la musique populaire, ou encore des Conapt sounds, utilisant des sonorités plus bruitistes et plus abstraites. L’œuvre réengage en permanence le geste musical dans l’articulation d’un temps continu, processuel et hypnotique avec un temps narratif, discursif et fragmentaire. Des sons répétés sont projetés dans une pluralité d’agogiques par instruments ou famille d’instruments; Twin Conapts tente de déplacer l’écoute à travers l’espace et le temps.

Description

Information additionnelle

Poids 0,910 kg
Dimensions 36,4 × 27,7 × 1 cm
Support

PDF, Papier