Sefar

JAKUBOWSKI Pascale
Solos Alto
979-0-56045-077-3
3'30
alto
Artchipel

13

Jan

2024

15

Jan

2026

Karine Lethiec – Ensemble Calliopée
Karine Lethiec

10,00 
16,00 

Observer les relevés de peintures et de gravures pariétales proposées par le Musée de l’Homme cette année 2023-24 dans l’exposition Préhistomania au Trocadéro, me plonge dans un monde visuel fascinant par son aspect aussi familier qu’énigmatique. Subjuguée par l’abstraction de certains traits, par la sublimation plus que la stylisation des formes et des couleurs d’animaux, d’êtres humains, d’objets… transportée par des images symboliques dont le sens me résiste, je suis tout d’abord frappée par l’effroi et la nécessité incessante du mouvement, transcendé dans la danse, comme gage imaginaire de survie. Sur une portée, j’inscris ces élans progressifs, leur célérité inexorable qui projette l’altiste dans un tournoiement effréné. Dans l’abandon à l’énergie ainsi déployée, et par une chorégraphie digitale savante, singulière, elle maintient l’équilibre entre les sons pleins et les sons sifflés…
Je repense à cette fresque provenant du Sahara central, Le grand Dieu de Sefar, ancienne cité située au cœur du massif montagneux du Tassili. Le personnage central, rendu hybride par des cornes et des stries en guise de visage, des protubérances sur les bras, entouré d’humains à têtes rondes et d’antilopes, me réduit tout d’abord au silence pour finalement appeler impérieusement l’expression de la puissance.
Il en résulte une ivresse qui provoque des glissements sonores en échos, évoquant les perspectives troublantes suscitées par les superpositions vertigineuses, parfois foisonnantes, d’éléments inscrits au court des siècles voire des millénaires sur les parois de différentes cryptes rocheuses de par le monde.
Dans cette profusion de lignes, de figures, de taches lumineuses qui s’entrelacent, se conjuguent, un second instrument s’invite, la voix, pour élargir les différents plans sonores, pour augmenter l’instrument. Elle indique le chemin de la réflexion, de l’apaisement, de l’élaboration en épousant les pizzicati de l’alto, les effleurements de l’archet sur la touche qui métamorphose l’instrument en flûte grave.
Cette coda agit comme une berceuse. Ponctuant irrégulièrement le déroulement du temps, elle s’appuie sur la persistance de la mémoire de rites et de chants immémoriaux.

Description

Information additionnelle

Poids 0,510 kg
Dimensions 32 × 24 × 1 cm
Support

PDF, Papier